PRIVILÉGIER UNE OFFRE LOCALE FORTE POUR CHATELLERAULT
Deux logiques s’interpellent dans le débat sur l’organisation de la santé à Châtellerault et dans la Vienne.
Si je peux comprendre le choix d’une collaboration entre établissements publics, je ne partage pas la volonté du CHU de tout concentrer pour renforcer son attractivité au dépens des structures locales.
En effet, si nous tenons compte du contexte du chatelleraudais, tant géographique qu’économique, ce rapprochement exclusif entre les deux hôpitaux publics présente des risques évidents pour l’offre de soins sur notre territoire.
Négliger la coopération avec le secteur privé nous conduira immanquablement à un appauvrissement de l’offre de soins locale et en conséquence à une baisse non négligeable de l’activité sur l’hôpital Camille Guérin (jusqu’à présent bénéficiaire).
La proximité de l’hôpital de Thouars et du CHU de Tours risque d’attirer les patients du Nord-Vienne grâce, entre autre, à la préparation de 43 lits hyper-modernes. Nous ne devons pas sous-estimer cette perte potentielle de clientèle.
C’est aussi un risque pour la rentabilité des investissements de la clinique privée.
Dans ce contexte, comment imaginer que le mariage des deux établissements hospitaliers publics, préconisé par le Maire de Chatellerault, n’aboutisse pas à un CHU flanqué de son annexe ... sans même parler d’une direction commune de nouveau évoquée crûment par M. DEWITTE, le directeur du CHU !
On aura alors beau jeu d’accuser les restrictions budgétaires de l’Etat!
Il est d’autre part évident que le risque premier de ce rapprochement est la disparition de la chirurgie à l’hôpital Camille Guérin.
Au-delà des conséquences pour les patients, cette situation touche aussi l’assuré social et le contribuable, en ne permettant pas une répartition entre public et privé des coûts engendrés par un plateau technique moderne et performant.
On entend dire que le CHU a besoin de l’hôpital Camille Guérin pour l’accueil des étudiants en médecine - en raison de leur augmentation. Or cet accueil des étudiants à l’hôpital de Châtellerault est déjà possible; mais, attirés par d’autres horizons (Niort, La Rochelle ...), peu d’entre eux font ce choix.
Garantir à chacun une offre de soins de qualité et de proximité nous impose la construction équilibrée d’une double coopération public-privé et public-public. C’est une solution qui permet aussi à chaque établissement de garder son autonomie.
Construire ensemble ce partenariat demande à chacun des acteurs de sortir des débats idéologiques qui n’ont jamais bénéficié à la population.