“Ce budget ne répond pas à la gravité de la crise”
Jean-Pierre ABELIN, Député de la Vienne, explique pourquoi il s’est abstenu sur le vote de la partie recettes du budget 2006 de l’État
“Si je n’ai pas voté la partie recettes du budget 2006 de l’État, c’est que, fondamentalement, en surestimant les recettes et en sous-estimant les dépenses, il tait la gravité de la situation du pays au regard de la montée irrésistible de l’endettement et des dépenses publiques depuis 30 ans.
Il évite de dire la vérité aux français et retarde les réformes structurelles nécessaires, comme celle du financement de la protection sociale qui reste encore basé essentiellement sur les salaires, et qui est donc créateur de chômage.
Surtout, il n’est pas fidèle aux engagements pris en 2002, comme la diminution des déficits et de l’endettement, ou la réduction progressive des impôts liée à la maîtrise des dépenses publiques.
Enfin, il représente une nouvelle atteinte, après celles portées par les socialistes, à l’autonomie des collectivités locales, et entraînera une hausse des impôts locaux.
Pour autant, parce que c’est cette majorité qui a quand même fait des choix courageux, notamment pour préserver le régime des retraites, je ne souhaitais pas mêler mon vote à celui des socialistes, qui n’ont, eux, rien fait pour engager les réformes nécessaires alors qu’ils bénéficiaient d’une période de croissance comme nous n’en avions pas connu depuis 30 ans, et qui ont donc largement contribué à la situation actuelle qu'ils persistent à nier en multipliant les promesses démagogiques comme l'abrogation de la réforme des retraites, le SMIC à 1500 euros ou la "renationalisation" d'EDF dont ils ont eux-mêmes lancé le processus d'ouverture du capital en 2000, tout cela alors qu'il n'y a plus un sou dans les caisses.
Mon vote final sur l’ensemble du budget sera fonction des engagements que prendra le Gouvernement pour enfin corriger le tir et répondre à ces enjeux.”