1- Ou étiez- vous et que faisiez- vous en mai 1968?
"J'ai terminé positivement une année d'hypokhâgne au lycée Condorcet à Paris et une licence d'histoire à la fac de Nanterre début mai. En septembre, en poursuivant ma licence d'histoire, j'entrai à Paris Dauphine, en gestion, dans la nouvelle université innovante créée par Edgar Faure qui prévoyait le travail en groupe, la mixité des encadrants entre enseignants et professionnels et les études de cas d'entreprises."
2- Avez- vous participé au mouvement et de quelle façon?
"J'ai suivi au jour le jour les évènements estivaux des premières heures de la rue Gay Lussac aux débats de l'Odéon... Autant j'ai été favorable à une réforme de l'université, autant j'étais totalement opposé à la violence."
3- 40 ans plus tard, pensez vous qu'il faille « liquider l'héritage de mai 68 » ou qu'au contraire, cette période a encore une influence bénéfique sur notre société?
"Mai 68 a été l'expression de la vitalité des enfants du babyboum, une conséquence de l'explosion démographique sur les structures élitistes de l'Université et une réaction contre l'autorité décrétée des mandarins. Pour moi, Mai 68 c'est d'abord ce refus de l'autorité décrétée et le souhait d'une autorité reconnue, méritée et partagée.Le problème de l'après 68, c'est que certains ont été jusqu'à rejeter la notion même d'autorité. C'est aussi d'avoir confondu la volonté de démocratisation de l'Université, de l'égalité d'accès à l'université au mérite soutenue par une véritable politique de bourses universitaires et l'absence totale d'orientation et de sélection. Ce qui a conduit au taux d'échec de 50% que nous connaissons à la fin de la première année et à la sélection par l'argent."