Rénovation urbaine : la mise au point de Jean-Pierre ABELIN
Jean-Pierre ABELIN, Député de la Vienne et Président de l’OPAC 86, réagit à l’étonnement du premier adjoint de Châtellerault face à l’absence de réponse du Ministère...
Dans la presse du 5 novembre, le Premier Adjoint au Maire de Châtellerault, chargé de l’urbanisme, feint de s’étonner du fait que le Ministère n’ait pas encore examiné le dossier déposé pour le projet de rénovation urbaine du quartier de la Plaine d’Ozon.
Ce constat ne peut vraiment pas étonner réellement Michel Guérin, qui sait parfaitement que le dossier complet n’a été déposé pour étude par le comité technique qu’il y a 3 semaines !
Il n’ignore pas non plus que, quand on sollicite 30 millions d’euros de subventions (200 millions de francs...), il faut accepter certaines contreparties :
• la première de ces contreparties, c’est la reconstruction “1 pour 1”, c’est-à-dire la nécessité de reconstruire sur le territoire de la ville autant de logements sociaux qu’il en a été détruit dans le cadre du projet. Pour cela, la Ville de Châtellerault doit mettre des terrains à disposition. En attente depuis 2 ans, l’OPAC 86, premier bailleur concerné par les démolitions, n’a toujours pas eu de propositions satisfaisantes de terrains susceptibles d’accueillir de nouvelles constructions. C’est pourtant là une des conditions essentielles, et connue depuis l’origine, demandées par l’Agence Nationale pour le Rénovation Urbaine (ANRU).
• la seconde contrepartie se trouve dans l’implication des collectivités locales pour le financement et la réussite du projet. Or, jusqu’à la mi-juin, l’apport financier proposé par la Région Poitou-Charentes était 10 fois inférieur à celui de la Région Nord-Pas de Calais pour les mêmes projets. C’est une des raisons du retard, et il n’y a toujours à ce jour aucun engagement particulier de la Région sur le volet logement.
Il faut également rappeler que l’ANRU, ce n’est pas uniquement l’État. C’est certes l’État, mais aussi les syndicats et le patronat, et de nombreux autres interlocuteurs qui décident collectivement, et devant lesquels les élus de la Ville devront défendre leur dossier.
Enfin, il est à mon sens bizarre et dommage que le dossier déposé par la Ville ne comprenne pas un projet de modernisation des locaux du Centre Social d’Ozon qui est pourtant un des éléments essentiels pour l’animation, la vie et la stabilité du quartier, et qui a toute légitimité à conserver toute sa place au cœur du quartier. La composante humaine et sociale du projet est pourtant un des éléments majeurs dans la prise de décision de financement.